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Cellissimo

jeudi 23 octobre 2008 par Richard Letawe
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Quirine Viersen
© Marco Borggreve

C’est au Concertgebouw de Bruges que nous retrouvons ce soir le SymfonieOrkest Vlaanderen, dirigé par son chef Etienne Siebens, pour le premier programme de sa saison, déjà joué à Courtrai, Bruxelles, Gand et Anvers.

Le concert est intitulé Cellissimo, titre qui prend tout son sens dès la première œuvre, l’ouverture de Guillaume Tell de Rossini, qui débute pour un grand solo du premier violoncelliste, bientôt rejoint par l’ensemble du pupitre. Très vive, la direction d’Etienne Siebens est d’une belle tenue rythmique et est agréablement contrastée. Discipliné, l’orchestre fait bonne figure, malgré quelques imprécisions des solistes [1].

Nous avions entendu la violoncelliste néerlandaise Quirine Viersen il y a deux saison avec les mêmes et au même endroit dans le Concerto n°1 de Chostakovitch, où elle s’était montrée sensible et fine musicienne, mais aussi un rien timide. Elle fait aujourd’hui preuve de beaucoup d’assurance dans le Concerto n°1 de Vieuxtemps, dont elle donne une version qui combine le lyrisme épanoui et la maîtrise technique. C’est particulièrement appréciable dans l’andante, dont elle souligne fort à propos le caractère proche d’un air d’opéra, et dans un finale bondissant, aux redoutables difficultés, qu’elle joue avec tout le panache souhaité, au point de faire presque passer ce concerto joli mais un peu bavard pour un authentique chef d’œuvre.

On termine ensuite avec la Cinquième symphonie de Beethoven, dans une interprétation originale et stimulante, on n’en attendait pas moins de la part de Siebens. De là à affirmer qu’elle fut toujours convaincante, il y a un pas qu’on ne peut franchir s’agissant du premier mouvement. Celui-ci est pris à toute vitesse, en raccourcissant au maximum les articulations, mais surtout en ne laissant jamais à la musique le temps d’exprimer la moindre émotion. Les notes n’ont pas de poids, les points d’orgue sont expédiés, il n’y a pas de progression dramatique, et cet allegro senza espressione dégage autant de passion et de fureur qu’une formule de mathématique. Heureusement, la suite est bien plus intéressante, avec un deuxième mouvement qui reste froid et dépassionné, mais auquel la manière objective du chef convient bien, qui dessine la ligne à la pointe sèche, sans couleurs, mais avec souplesse, un grand sens de l’équilibre, et à un tempo qui ne traîne pas. Les deux mouvements suivants procurent encore de belles satisfactions, grâce à l’énergie de Siebens, qui ose enfin solliciter un peu le texte, et se montre moins implacablement machinal que dans le premier. On peut bien sûr rêver finale plus haletant, plus intensément vécu mais la vision du chef, virtuose et concentrée, mérite le détour. L’orchestre, dont les basses manquent beaucoup de mordant et de présence ce soir, suit son chef assez timidement, et ne parvient pas vraiment à s’ébrouer dans un denier mouvement qui aurait du être plus vibrant.

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- Bruges
- Concertgebouw
- 15 octobre 2008
- Gioachino Rossini (1792-1868), Ouverture de Guillaume Tell ; Henri Vieuxtemps (1820-1881), Concerto pour violoncelle n°1 Op.46 ; Ludwig Van Beethoven (1770-1827), Symphonie n°5 en ut mineur Op.67
- Quirine Viersen, violoncelle
- SymfonieOrkest Vlaanderen
- Etienne Siebens, direction

[1] dérapage du violoncelle solo, moins inspiré qu’à l’ordinaire, départ manqué de la trompette, cor anglais chaleureux, mais jouant un poil trop fort par rapport à la flûte qui l’accompagne











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