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Brillante ouverture de saison de l’Orchestre National de Lyon dans Richard Strauss

vendredi 22 octobre 2010 par Patrick Manage
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Jun Märkl
© Bruno Amsellem

Pour le concert d’ouverture de sa saison, l’Orchestre national de Lyon offrait un programme dédié au seul Richard Strauss. Et pourtant, ce sont trois Strauss différents qui ont été entendus ce soir : celui qui affectionne tout particulièrement la musique « douce et joyeuse » du XVIIIème viennois, celui qui fait chanter des solistes dans des dialogues particulièrement aériens, et enfin le Strauss majestueux et éclatant que l’on connaît bien.

Le concert commence par la méconnue Suite de danses d’après Couperin. Il s’agit donc d’une suite de danses, qui commence dans un style très baroque à la française, imitant parfaitement la manière de Couperin, dans lesquelles viennent s’incruster d’abord discrètement puis de manière progressivement plus accentuée des sonorités plus modernes qui viennent perturber le style dans lequel commence l’œuvre. On retrouve notamment un timbre créé par l’association glockenspiel – célesta – harpe, des irruptions de vents tout à fait moderne, un solo de violon un peu divergent lui aussi… Ce qui paraît évident dans l’interprétation qui en est faite ce soir est que ce n’est décidément pas un style dont l’orchestre à l’habitude, malgré les efforts qu’il peut y faire. On reconnaît un peu le style XVIIIème, mais au-delà des notes, la musique a du mal à prendre vie.

Le reste du concert est cependant bien meilleur, avec ce magnifique Concertino pour clarinette et basson, qui permet d’entendre François Sauzeau et Louis-Hervé Maton, tous deux solistes de l’orchestre. L’œuvre est belle et bien interprétée, mais il se dégage rapidement un certain déséquilibre du duo de solistes : la personnalité de François Sauzeau se détache nettement de celle de son partenaire, et on finit par en perdre un peu le sens de la pièce. Ce concertino est en effet créé à l’image d’une princesse qui danse – la clarinette – et d’un ours – le basson – qui vient l’interrompre. La princesse danse alors avec cet ours jusqu’à ce qu’il devienne un prince… Ici malheureusement, le basson ne prend pas vraiment des airs d’ours, et paraît plutôt gentil et doux dès le début ; Louis-Hervé Maton se plaçant en retrait de son comparse. Par contraste, on remarque d’autant plus François Sauzeau, qui laisse éclater toute sa personnalité très musicale, et parsème son interprétation de nombreuses couleurs, nuances, subtilités et lignes aériennes qui emmènent l’orchestre et le public dans son univers.

En seconde partie, la pièce maîtresse du concert avec le fameux poème symphonique Ainsi parlait Zarathoustra. L’interprétation est majestueuse, cuivrée à souhait pour rendre l’introduction lumineuse et brillante. La masse sonore est là, autant dans le volume, que dans le timbre, et les équilibres des pupitres sont très bons. Un os récurrent vient cependant légèrement troubler l’ensemble de l’œuvre : c’est un manque de précision dans les attaques de tutti, ou en tout cas dès que les vents sont de la partie… Les attaques sont au final très rarement parfaitement précises, et la cohérence entre les pupitres est défaillante. On le regrette, d’autant plus qu’il semble que c’est une problématique régulièrement soulevée avec l’ONL. D’autre part, si le problème ne se pose pas pour les cuivres ou les cordes, pupitres dont l’homogénéité de la sonorité est un excellent atout de manière générale, on aimerait sans doute également un meilleur soin dans la justesse de l’ensemble de la petite harmonie. Le tout forme un ensemble cohérent et tout à fait éclatant, notamment dans ce type de répertoire, mais on regrette ce genre de détails qui ternissent un peu le tableau.

Malgré ces petits problèmes, on garde néanmoins un beau souvenir de ce concert d’ouverture, qui préfigure une belle saison, l’ultime de Jun Märkl à la tête de la phalange lyonnaise.

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- Lyon
- Auditorium
- 26 septembre 2010
- Richard Strauss (1864-1949), Suite de danses d’après Couperin ; Double concertino pour clarinette, basson et orchestre ; Ainsi parlait Zarathoustra
- François Sauzeau, clarinette
- Louis-Hervé Maton, basson
- Orchestre National de Lyon
- Jun Märkl, direction






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