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Besançon 2012 : Schubert le russe...

mardi 18 septembre 2012 par Nicolas Mesnier-Nature

Il n’y a pas lieu de critiquer ouvertement Élisabeth Leonskaja pour sa prestation schubertienne au Kursaal de Besançon ce dimanche après-midi ensoleillé. Mais relativement à l’idée que l’on se fait généralement du compositeur viennois, il est permis de reconnaître que ses sonates interprétée par cette artiste issue de l’école russe du piano n’ont justement absolument rien de... viennois !

L’optique en soi ne nuit pas au rendu sonore des œuvres : supposez que du jour au lendemain, on découvre dans une bibliothèque poussiéreuse de la province autrichienne quatre manuscrits uniques de sonates pour clavier totalement inédits d’un compositeur dont on n’a jamais entendu parler : un certain Franz Schubert... Ainsi, une solide construction, une clarté dans le discours, des conduites de crescendo aboutissant à des notes forte sans violence (ce qui est rare), mais qui « zizillent » dans l’aigu (sans doute la faute au piano), des pianissimo qui pourraient l’être davantage, un tempo généralement soutenu, et l’on tient là une consistante et cohérente interprétation d’œuvres au contenu parfois énigmatique et à la virtuosité poétique non dissimulée.

On ne remarquera certainement pas au passage les quelques fausses notes disséminées ici ou là, qui d’ailleurs disparaissent aux barres de reprise.

Mais voilà, Franz Schubert n’est ni pas inconnu, n’a quasiment pas bougé de Vienne, a produit une œuvre considérable pour le clavier, n’est pas un « intellectuel » au sens où pouvaient l’être Bach ou Beethoven, a vécu justement toute sa vie dans l’ombre de ce dernier, et reste un des meilleurs représentants des origines du romantisme allemand en musique, un des rares créateurs de musique dite pure, comme Mozart avant lui, et Bach.

Qui plus est, il existe pléthore d’artistes issus d’autres horizons proches d’une autre réalité. Alors ? Il y a quand même une absence de délicatesse infinie, de subtil sens de la nuance, de violente révolte, de poésie insondable où le temps se dilate et s’arrête pour laisser place à une mélancolie abyssale qui doit vous tirer les larmes. Les Sonates D557 et D566 n’entrent pas nettement dans ces subtilités que l’ont retrouvera néanmoins – que l’on doit retrouver – dans la Sonate D840, et surtout la première des trois dernières, monument judicieusement placé à la fin du récital.

Élisabeth Leonskaja déploie un pianisme généreux aux antipodes du « grand Schubert » que l’on aime tant.

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- Besançon
- Grand Kursaal
- 16 septembre 2012
- Franz Schubert (1797-1828), Sonates pour piano n°6 en la bémol majeur D557, n°7 en mi mineur D 566, n°17 Reliquie, en ut majeur D 840, n°21 en ut mineur D 958
- Élisabeth Leonskaja, piano






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