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Besançon 2012 : Deux belges, un autrichien, un russe et un japonais pour la « tournée des lauréats »

dimanche 16 septembre 2012 par Nicolas Mesnier-Nature

Premier grand concert symphonique ce soir au Théâtre de Besançon dans le cadre du 65e Festival, placé sous la thématique de L’enfance de l’art.
Faisant suite au dorénavant bisannuel concours de jeunes chefs d’orchestre, la tradition veut que le lauréat revienne diriger l’année suivante un programme complet. Nous retrouvons donc avec grand plaisir le japonais gagnant, Yuki Kakiuchi, à la tête d’une des formations qu’il avait dirigées lors du concours, le Brussels Philharmonic. Cette formation belge placée sous la houlette de Michel Tabachnik, assurait un triple programme, de la musique actuelle avec la Symphonie n°2 d’Annelies Van Parys (2008), en passant par le classicisme mozartien du Concerto pour violon n°3 pour finir par l’unique Symphonie de César Franck, cheval de bataille des orchestres. Comme soliste, un jeune violoniste russe, Andrey Baranov, tout récemment lauréat du concours Reine Elisabeth, dont les prix internationaux glanés sur tous les continents, s’ils étaient accrochés comme des médailles sur sa poitrine, feraient le même effet que celles des généraux soviétiques.

Il est toujours bon de varier les styles dans un concert, même si l’idée fait fi d’une unité programmatique. Mais commencer par la musique dite contemporaine est bienvenu, et nous n’avons pas été déçu par les mille et unes couleurs de l’œuvre de la jeune compositrice belge, intitulée « les ponts » relativement aux cinq parties qui la composent reliées entre elles par des « ponts », terme technique du langage musical signifiant une transition modulante entre les différentes parties d’un morceau. On connaît l’aisance et l’accointance des musiciens japonais envers la musique d’aujourd’hui : l’indéniable réussite est atteinte et passe par cette gestuelle très souple, toujours en mouvement et attentive au moindre départ et effet musical de Yuki Kakiuchi. L’énorme orchestre cultive donc un modernisme classique inspirant et inspiré par le poète Arthur Rimbaud dont le poème éponyme est issu des Illuminations. A relire pour se rafraîchir la mémoire...

Le Concerto pour violon n°3 de Mozart formait un contraste saisissant et brutal avec les dix-sept minutes intenses qui l’ont précédées. La trentaine de cordes était suffisamment retenue pour laisser parler un soliste encore raide comme un piquet dans ses attitudes sur scène, au jeu en quête permanente de l’introuvable voix mozartienne, diamant sans défaut sur lequel butent les plus grands. Andrey Baranov s’est inscrit dans un classicisme de sûreté, au vibrato parfois envahissant dans ce répertoire, mais soutenu avec une attention constante et bienveillante par un chef aux petits soins avec son soliste, qu’il n’a jamais lâché. En bis, l’Andante de la Sonate n°2 BWV 1003 de Bach, aux terrifiantes et permanentes doubles cordes : une très belle réussite, le silence de la salle faisant foi, la musique de Bach remplissant l’espace.

Pour finir, la Symphonie de César Franck échappe aux lourdeurs germanisantes dont elle est bien souvent affublée et qu’elle ne mérite pas. Encore une fois, l’intensité gestuelle du japonais est juste, ne laisse rien échapper. Équilibre, précision, du bout de la baguette de Yuki Kakiuchi naît la musique, la technique au service de l’art en somme, et il ne manque plus qu’une certaine subjectivité à cet amoncellement de technicités musicales – termes pas forcément contradictoires – pour damer le pion aux grands maîtres d’autrefois. Mais à 31 ans, quel beau parcours !

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- Besançon
- Scène nationale – Le Théâtre
- 15 septembre 2012
- Annelies van Parys (née en 1975), Les ponts symphonie n°2
- Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791), Concerto pour violon et orchestre n°3 en sol majeur KV216
- César Franck (1822-1890), Symphonie en ré mineur
- Andrey Baranov, violon
- Brussels Philharmonic
- Yuki Kakiuchi, direction






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