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Bach et Buxtehude à Vervins

samedi 5 janvier 2008 par Richard Letawe

L’affiche du vingtième Festival des Cathédrales de Picardie fait, à côté des jeunes formations, un large appel aux ensembles stars, établis de longue durée, et à la carrière discographique fructueuse comme Michel Corboz et l’Ensemble vocal et instrumental de Lausanne, Christoph Spering et Das Neue Orchester, ou Gérard Lesne et Il Seminario musicale.

Ce soir à Vervins, les invités sont Ton Koopman et ses Amsterdam Baroque Orchestra et Choir, ensembles prestigieux, qui ont à leur actif au disque une intégrale des cantates de Bach, des anthologies de symphonies de Mozart, de Haydn, et de nombreuses autres parutions. Ils sont actuellement au début d’un nouveau projet important, une intégrale Buxtehude pour laquelle Koopman dirigera ses forces amstellodamoises, en plus d’enregistrer les œuvres pour clavecin et pour orgue.

Le programme de ce soir illustre bien les activités de Koopman et de son Amsterdam Baroque Orchestra avec en première partie quatre œuvres chorales de Buxtehude. Les trois premières sont des cantates : « Nun danket alle Gott » (Maintenant, rendons tous grâce à Dieu), « Gott fähret auf mit Jauchzen » (Dieu se manifeste dans la joie), et « Frohlocket mit Händen » (Réjouissez-vous et applaudissez), et la dernière un motet sur des paroles latines « Benedicam Dominum » (Louange à Toi Seigneur). Les quatre œuvres ont en commun un caractère festif très affirmé, souligné par une instrumentation variée, aux cuivres abondants. Les œuvres sont belles, réjouissantes et ensoleillées, mais l’atmosphère du programme manque un peu de variété, et on aurait volontiers entendu une cantate au caractère plus intime et plus sobre.

La qualité d‘exécution est variable selon les pupitres. Le chœur d’une vingtaine de membres est d’une perfection technique et d’une beauté de timbres assez rares. Ses effectifs permettent des effets de masse percutants mais ne nuisent en rien à la musicalité et la transparence de sa prestation. Parmi les solistes, on retient particulièrement les interventions sobres et fières d’un fringuant Klaus Mertens, et la ligne de chant voluptueuse de Johanette Zomer, aux aigus un peu voilés, mais au médium remarquablement fruité et charnu. Sans démériter, à l’image d’un Jörg Durmüller vaillant, mais à l’aigu instable, les autres sont moins mémorables. L’orchestre fait bonne figure, mis à part des cuivres au niveau fluctuant, excellents dans les première et troisième cantates, faux, tonitruants et instables dans la deuxième et dans le motet. A leur décharge, soulignons les effets d’une acoustique très réverbérée, qui a tendance à leur faire perdre leurs repères, et aussi l’extrême difficulté de leurs parties virtuoses, qui ne laissent aucune marge à l’erreur.

La seconde partie est dévolue à Bach, avec la cantate BWV21 « Ich hatte viel Bekümmernis » (Mon cœur était plein d’affliction). Cette cantate est l’une des plus longues et des plus développées de l’auteur qui l’a composée à Weimar en 1714 et l’a reprises plusieurs fois à Leipzig. Elle comprend deux parties. La première dépeint les souffrances de l’âme du croyant qui se sent abandonné de Dieu. Dans la seconde partie, le croyant est consolé par Jésus, et son âme atteint les joies du ciel.

Koopman en propose une lecture élégante et subtile, aux rythmes légers et aux équilibres transparents. Manque à cette interprétation un peu de chair pour être tout à fait prenante, mais le soin accordé à la qualité d’exécution et l’éclat du spectaculaire choral final sont très louables. Cette cantate est parfaitement maîtrisée par tous ses exécutants, les chœurs méritant comme dans la première partie les plus beaux lauriers.

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- Vervins
- Eglise Notre-Dame
- 21 septembre 2007
- Dietrich Buxtehude (1637-1707), « Nun danket alle Gott » BuxWV 79, « Gott fähret auf mit Jauchzen » BuxWV 33, « Frohlocket mit Händen » BuxWV 29, « Benedicam Dominum » BuxWV 113 ; Johann Sebastian Bach (1685-1750), Cantate « Ich hatte viel Bekümmernis » BWV 21
- Bettina PAHN, Johannette ZOMER, sopranos ; Bogna BARTOSZ, alto ; Jörg DÜRMÜLLER, ténor ; Klaus MERTENS, basse
- Amsterdam Bach Orchestra & Choir
- Ton Koopman, direction











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