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Arsys Bourgogne fête ses dix ans avec Israël en Egypte

vendredi 30 octobre 2009 par Richard Letawe
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Arsys Bourgogne
© François Zuidberg

Concert de la série de musique ancienne et baroque ce dimanche soir à la Philharmonie de Luxembourg, qui faisait également partie de la programmation du Luxembourg Festival. Pierre Cao y dirigeait son chœur Arsys Bourgogne et le Concerto Köln dans l’oratorio Israel in Egypt de Haendel.

Le chœur Arsys fête ses dix ans cette année. Il a donc choisi une œuvre qui met particulièrement ses qualités en valeur, et qu’il a déjà interprétée durant le mois d’août, et en tournée cet automne à Paris et Dijon après Luxembourg. Difficile de trouver au répertoire un oratorio plus exigeant pour un chœur que cet Israël en Egypte, en terme de virtuosité, d’endurance et de cohésion. D’une difficulté diabolique, les numéros choraux s’y succèdent rapidement, rarement interrompus par les quelques récitatifs et airs pour solistes.

Scindé en deux de chaque côté de la scène de la Philharmonie, le chœur Arsys se montre tout à fait à la hauteur de la tâche. La beauté des voix de cette grosse vingtaine de choriste est remarquable : les timbre des sopranos sont étincelants, le velours de altos, le brio des ténors, la douceur et la profondeur des basses sont admirables. Mais ce qui frappe surtout, c’est la cohésion de l’ensemble, sa virtuosité collective, sa respiration unanime, la pureté et l’homogénéité de l’émission. Sans défaut, cette prestation d’Arsys Bourgogne dans cet oratorio dont il est l’acteur principal, respire l’aisance et la maîtrise.

Dans la plupart des exécutions et des enregistrements de cet oratorio, les airs pour solistes sont chantés par des artistes tirés du chœur. Solution économique, mais pas toujours avantageuse du point de vue artistique, car ces airs et duos, s’ils sont peu nombreux sont d’une difficulté considérable. Grand luxe ce soir, où on a droit à six solistes de haut niveau. Ceux-ci ne déçoivent pas, collectivement d’abord, car tous anglophones, leur diction est très claire, et leur prononciation de ce texte aux archaïsmes nombreux est d’une grande sûreté.

James Oxley est tout simplement parfait, sur et éloquent dans ses récitatifs en première partie, brillant dans l’aria « The enemy said : I will pursue ». Pouvoir compter sur deux chanteurs de la trempe de Stephan MacLeod et de Peter Harvey pour le seul duo « The Lord is a Man of War » est également une marque d’opulence. Les deux sopranos sont aussi réjouissantes, en particulier Julan Doyle, qui lance impeccablement le glorieux et périlleux « Sing ye the Lord » final. Le seul soliste à présenter des carences est Robin Blaze, à l’émission instable, aux aigus tirés et fragiles et au timbre de moins en moins frais. Son style distingué lui permet de faire illusion durant la première partie, mais il détone désagréablement dans « Thou hast guided them ».

L’orchestre Concerto Köln se conduit bien, tranchant et précis comme il sait l’être habituellement, malgré quelques défauts d’équilibre entre les pupitres, avec notamment des cuivres manquant légèrement de présence.

Pierre Cao n’est pas un chef très démonstratif, mais il tient cette exécution d’une main ferme et souple, caractérisant judicieusement chaque numéro, traduisant avec le souffle requis l’épopée exprimée en première partie, dans l’extraordinaire épisode de la fuite d’Egypte, puis donnant une seconde partie glorieuse et solennelle, mais sans rigidité ni lourdeur.

Nous avons donc eu droit à un concert particulièrement réjouissant ce soir, ovationné par un public un peu clairsemé. Les absents pourront se rattraper le 26 juin de l’année prochaine, où la Philharmonie de Luxembourg accueillera une nouvelle fois Pierre Cao et ses troupes pour le Requiem allemand de Brahms.

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- Luxembourg
- Philharmonie
- 18 octobre 2009
- Georg Friedrich Haendel (1685-1759), Israel in egypt. Oratorio en deux parties
- Julia Doyle, Martene Grimson, sopranos
- Robin Blaze, contre-ténor
- James Oxley, ténor
- Stephan MacLeod, Peter Harvey, basses
- Choeur Arsys Bourgogne
- Concerto Köln
- Pierre Cao, direction











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