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Ambronay 2010 : Trois cantates de Bach par Ton Koopman

mercredi 22 septembre 2010 par Richard Letawe
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Ton Koopman
© Jaap van de Klomp

Le Festival d’Ambronay, qui s’étend cette année du 10 septembre au 03 octobre, entamait le deuxième-week end de sa riche programmation avec des habitués des lieux, Ton Koopman et ses Amsterdam Baroque Choir et Orchestra. Le fil conducteur de cette 31ème édition est la Méditerranée, mais comme pour nous faire mentir, le premier concert que nous avons la chance d’y suivre s’écarte complément de ce thème en proposant trois cantates de Bach.

Malgré quelques vicissitudes éditoriales, l’enregistrement- récemment achevé- de l’intégralité des cantates de Bach par Ton Koopman est un des grands monuments de l’histoire du disque. Certains l’avaient déjà accompli, d’autres sont en train de le réaliser ou s’y attelleront dans le futur, mais la somme réalisée par Ton Koopman et ses forces amstellodamoises, de haute qualité globale, sera vraisemblablement l’accomplissement le plus important d’une carrière commune déjà plus que trentenaire. Ceci implique un haut niveau d’attente quant à la qualité de leurs concerts dans ce répertoire, qualité qui n’était cependant pas au rendez-vous ce soir, où l’on a plutôt eu droit à la routine et à l’approximation.

Première jouée, la Cantate BWV 127 est la moins bonne des trois, marquée par la direction très superficielle de Ton Koopman, qui ne trouve jamais son équilibre, oscille dans les airs entre brusqueries et excès de langueur, et survole les parties chorales. La balance instrumental n’est pas idéale, vents et cordes prenant à tour de rôle l’ascendant les uns sur les autres, et produisant rarement une sonorité agréable et bien proportionnée. Vocalement, le ténor Jörg Dürmüller est très correct, mais déclame son récitatif de façon très peu impliquée, alors que Johannette Zomer, en problème de justesse, manquant de souffle et de puissance, ne parvient pas à rendre l’émotion de l’aria « Die Seele ruht in Jesu Händen », guère aidée il est vrai par un hautbois peu assuré. Heureusement, Thomas Laske réveille tout le monde dans un récitatif très énergique, puis dans son air « Fürwahr, fürwahr, euch sage ich » conduit avec un bel aplomb.

Avec Thomas Laske, le chœur est l’autre élément qui se distingue dans cette cantate, ainsi que dans la suivante, la BWV 140, dont le chœur d’ouverture « Wachet auf, ruft uns die Stimme » lui permet également de briller. Avec une bonne quinzaine de chanteurs, l’ensemble est presque fourni selon les standards actuels, mais garde une excellente transparence, est irréprochable au niveau de la justesse, et se montrera toute la soirée à la fois franc et frais, et d’une cohésion excellente.

En dépit d’une direction encore très en surface de Ton Koopman- quelle désinvolture dans le pourtant essentiel choral du ténor « Zion hört die Wächter singen »-, l’orchestre est mieux en place dans cette cantate, plus assuré et plus équilibré, mais il reste des scories, notamment celles du violon solo dans le duo « Wenn komst du, mein Heil ? », assez approximatif au début, mais qui va s’améliorant par la suite, avec une articulation plus précise et une meilleure sonorité. Dans ce même duo, Johannette Zomer montre encore beaucoup de problèmes, d’intonation, de justesse des aigus et de soutien des piano, alors que Thomas Laske est irréprochable. Dans le second duo « Jesus, Mein Freund ist mein ! », la soprano a moins de notes longues à tenir, elle peut alors faire preuve d’un peu plus de vivacité, et délivrer un chant s’approchant de la qualité de son partenaire la basse. Le tableau reste cependant globalement assez décevant.

Pour clore ce programme, la célèbre Cantate BWV 147 « Jésus que ma joie demeure », dans laquelle on peut apprécier une trompette très en verve, un chœur toujours aussi percutant, et un très digne Thomas Laske. Les défauts sont cependant toujours les mêmes : la direction vivante et fluide, mais sommaire de Koopman, une soprano décidément en petite forme, et un orchestre imprécis, dont le hautbois continue à faire des siennes. Le ténor Jörg Dürmuller a enfin un air à lui au cours de cette soirée « Hilf, Jesu, hilf », qu’il chante avec souplesse et vaillance. On découvre également la mezzo Bogna Bartosz, au chant correct, mais tout à fait insipide, dans son air « Schâme dich, o Seele, nicht », comme dans le « Der höchsten Allmacht Wunderhand », récité bien platement.

Soirée décevante donc pour des artistes qui nous avaient donné une bien meilleure impression il n’y a pas si longtemps que cela au défunt Festival des Cathédrale de Picardie.

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- Ambronay
- Abbatiale
- 17 septembre 2010
- Johann Sebastian bach (1685-1750), Cantates BWV 127 « Herr Jesu Christ, wahr’ Mensch und Gott » ; BWV 140 « Wachet auf, ruft uns die Stimme » ; BWV 147 « Herz und Mund unt Tat und Leben »
- Johannette Zomer, soprano
- Bogna Bartosz, alto
- Jörg Dürmüller, ténor
- Thomas Laske, basse
- Amsterdam Baroque Choir
- Amsterdam Baroque Orchestra
- Ton Koopman, direction











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