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Aix en Provence 2009, Orphée aux enfers

mercredi 22 juillet 2009 par Olivier Lalorette
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© Elisabeth Carecchio

« Opéra et mythe », thème de ce festival d’Aix 2009, se décline ce soir sous le ton de la comédie. C’est la première version (celle de 1858) d’Orphée aux enfers qui a été choisie, mais avec des incursions de la deuxième, de 1874.

Si la transposition de l’action dans les années quarante, n’est pas à priori une mauvaise idée, Yves Beaunesne peine à convaincre. Les dialogues et la direction d’acteur s’engouffrent facilement dans les clichés du genre. Les trois lieux de l’action se déroulent aux différents étages d’une maison bourgeoise dont les décors ne sont pas franchement réussis. L’enchaînement des scènes manque parfois de liaison. Le cancan final semble mal s’imbriquer aux scènes précédentes et sonne un peu comme un passage obligé. Il faut cependant mentionner que les dialogues modifiés sont parfois hilarants, et qu’ils ont eu leur effet sur le public. La direction d’Alain Altinoglu si elle évite les effets malvenus, souffre de sécheresse, et manque de chatoyance.

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© Elisabeth Carecchio

Et c’est bien dommage, car l’œuvre d’Offenbach et les chanteurs de l’Académie européenne de musique méritaient mieux. A commencer par l’épatant John Styx – rôle pourtant secondaire – de Jérôme Billy, qui semble chanter aussi bien qu’il joue. Il donne de l’importance au rôle, et se voit même attribuer une scène d’imitation absolument désopilante : imitant tour à tour sur son couplet des chanteurs de variétés tels que Brassens, Brel ou parodiant de grands airs d’opéras comme celui de Manrico le trouvère. Pauline Courtin est une Eurydice pleine de verve et de fraîcheur qui se montrera très à l’aise sur scène comme sur les vocalises de son air du début du deuxième acte. Le kidnappeur campé par Mathias Vidal ne manque pas d’assurance, de talent comique et possède une fort jolie voix. L’Orphée de Julien Behr manque de conviction (le spectacle lui donnera une incursion chez Gluck avec « J’ai perdu mon Eurydice »), et le maître de l’olympe, Vincent Deliau , manque d’autorité – surtout quand on a Laurent Naouri à l’esprit.

Cette équipe de jeunes chanteurs nous fait passer une bonne soirée, mais cette soirée n’est en rien mémorable.

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- Aix en Provence
- Théâtre de l’Archevêché
- 14 juillet 2009
- Jacques Offenbach (1819-1880), Orphée aux enfers, opéra-bouffe en 2 actes et 4 tableaux
- Mise en scène, Yves Beaunesne ; Costumes, Patrice Cauchetier ; Lumières, Joël Hourbeigt ; Scénographie, Damien Caille-Perret
- Eurydice : Pauline Courtin
- Orphée : Julien Behr
- Aristée / Pluton : Mathias Vidal
- Jupiter : Vincent Deliau
- L’Opinion Publique : Marie Gautrot
- John Styx : Jérôme Billy
- Mercure : Paul Cremazy
- Cupidon : Emmanuelle de Negri
- Diane : Soula Parassidis
- Vénus : Marie Kalinine
- Minerve : Estelle Kaique
- Junon : Sabine Revault d’Allonnes
- Chœurs du Festival d’Aix en Provence. Chef de chœur : Nicolas Krüger
- Orchestre Camerata Salzburg
- Alain Altinoglu, direction











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