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Ah quel dîner, je viens de faire... : une Périchole joyeuse et festive à Toulouse

lundi 5 janvier 2009 par Hélène Biard
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Michel Vaissière (Don Pedro de Hinoyosa) - Jean-Philippe Lafont (Don Andrès de Ribeira) - Emiliano Gonzalez Toro (Le comte Miguel de Panatellas)
© Patrice Nin

En cette période de fêtes de fin d’année le Capitole de Toulouse a choisi de monter La Périchole de Jacques Offenbach, production qui partira ensuite en tournée. Mérimée, auteur de la nouvelle utilisée par Meilhac et Halévy, les librettistes d’Offenbach pour cette oeuvre, s’est inspiré d’un fait réel, mais le compositeur a également souhaité parodier La favorita, opéra de Donizetti créé peu avant. La Périchole, dont l’une des traductions est fort peu aimable pour la dame à laquelle ce surnom aurait été attribué à l’origine, puisqu’il signifie « chienne de métis », a été créée en 1868 dans sa première version en deux actes avec Hortense Schneider dans le rôle titre et a obtenu un succès immédiat bien que l’oeuvre s’achève quasiment avec l’arrestation de Piquillo. En 1874, Offenbach a remanié son opérette pour lui donner la forme en trois actes que nous lui connaissons ; cette seconde version a été créée au Théâtre des variétés, comme celle de 1868 et avec le même succès que la première fois. Le Capitole a frappé un grand coup avec la distribution, presqu’entièrement française, et avec une équipe chargée scénique dont le travail est admirablement coordonné.

La mise en scène du colombien Omar Porras, qui signe aussi les chorégraphies, est gaie et très entrainante, ne laissant pas le public s’ennuyer une seule seconde. La Lima de Porras est sortie d’une imagination fertile accompagnée de décors, de costumes, de perruques et de maquillages désopilants, qui donnent à cette Périchole une tonalité intemporelle et presque irréelle. D’autre part la pyrotechnie finale (serpentins, confettis et fusées) parachève parfaitement la scénographie et rappelle si besoin était que nous sommes en période de fêtes. C’est dans cette atmosphère joyeuse qu’évoluent des artistes survoltés donnant une formidable impulsion à la soirée.

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Carine Sechaye (Mastrilla) - Martine Olméda (Berginella) - Karine Deshayes (La Périchole) - Laure Crumière (Guadalena)
© Patrice Nin

La distribution est dominée par un Jean Philippe Lafont en grande forme, dont le vice roi est un modèle du genre dans tous les domaines, un régal pour les yeux et pour les oreilles ! Le couple Périchole/Piquillo est incarné par Karine Deshayes, qui joue remarquablement avec les émotions et les sentiments des uns et des autres, et par Xavier Mas qui nous avait agréablement surpris dans le Faust orangeois l’été dernier. Le couple fait jeu égal avec Jean Philippe Lafont et les duos (« Il grandira car il est espagnol » et la ballade finale où ils implorent la clémence de Don Andrès) ainsi que leurs airs respectifs sont remarquablement interprétés. Michel Vaissière (Don Pedro de Hinoyosa) et Emiliano Gonzalez Toro (comte Miguel de Panatellas) sont tous les deux dotés de très belles voix. Bien qu’Offenbach leur ait donné plus de dialogues parlés que de mélodies, ils donnent à leurs personnages respectifs une gouaille rafraichissante ; s’ils peuvent se montrer ambitieux et arrogants avec les petites gens, notamment Piquillo à qui ils conseillent de ne pas demander plus qu’il ne devrait en échange de l’infidélité de sa « femme », ils sont serviles en présence du vice roi dont ils s’efforcent d’assouvir les caprices, mais quel plaisir de les voir mettre autant de coeur et de bonne humeur dans leur jeu. Dans les seconds rôles nous notons la belle prestation de Martine Olmeda sans pour autant bouder notre plaisir en ce qui concerne les autres artistes.

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Karine Deshayes (La Périchole) - Xavier Mas (Piquillo)
© Patrice Nin

Si l’Orchestre du Capitole de Toulouse dirigé par le jeune et dynamique Emmanuel Joel-Hornak fait exploser la musique d’Offenbach, captant l’attention du public avec autant d’intensité que les artistes évoluant sur la scène, les choeurs, très bien préparés par leur chef Patrick Marie Aubert, ont parfois une diction aléatoire, qui est en partie liée à une mise en scène par moments très tonique, mais l’ensemble orchestre/choeur reste excellent et se fond parfaitement dans ce spectacle qui est donc une réussite sur tout les plans.

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Karine Deshayes (La Périchole) - Xavier Mas (Piquillo)
© Patrice Nin

Si cette série de La Périchole se termine à Toulouse pour le réveillon de la Saint Sylvestre, ceux qui n’auront pas la chance de la voir au capitole pourront se rattraper l’année prochaine car elle part en tournée dans plusieurs villes de province dès le début de 2009. Pour qui veut passer une très bonne soirée c’est le spectacle à ne pas manquer tant il est plein de vie, et rend le sourire grâce à son dynamisme, une scénographie à la fois captivante et hilarante, et des artistes qui servent avec beaucoup de talent et d’humour la partition d’Offenbach.

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- Toulouse
- Théâtre du Capitole
- 23 décembre 2008
- Jacques Offenbach (1819-1880), La Périchole. Opérette en trois actes sur un livret de Ludovic Halévy et Henri Meilhac
- Mise en scène/chorégraphie : Omar Porras ; Décors : Fredy Porras ; Costumes : Coralie Sanvoisin ; Perruques/Maquillages : Cécile Kretschmar ; Lumières : Mathias Roche
- La Périchole : Karine Deshaye ; Piquillo : Xavier Mas ; Don Andrès de Ribeira : Jean Philippe Lafont ; Don Pedro de Hoyosa : Michel Vaissière ; Comte Miguel de Panatellas : Emiliano Gonzalez Toro ; Le vieux prisonnier : Daniel Capelle ; Guanalda/Manuelita : Laure Crumière ; Berginella/Brambilla : Martine Olmeda ; Mastrilla/Frasquinella : Carine Sechaye ; Le marquis de Tarapote : Till Fechner ; Premier notaire : Ricardo Cassinelli ; Deuxième notaire : Kévin Amiel ; Ninetta : Orianne Moretti
- Chœur du Capitole. Chef de chœur Patrick Marie Aubert
- Orchestre National du Capitole de Toulouse
- Emmanuel Joel-Hornak, direction






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