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A son habitude, l’insipide Ilan Volkov à la tête de l’ONL

dimanche 5 février 2012 par Patrick Manage
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Ilan Volkov
© Simon Butterworth

Décidément, les passages d’Ilan Volkov à la tête l’Orchestre National de Lyon sont remarquables de morosité, d’ennui, de platitude et de médiocrité. On se souvient de sa piètre performance la saison dernière dans une bien trop longue symphonie de Sibelius, et de ses difficultés à suivre un soliste et à s’y adapter. La question de ce soir était de savoir si dans un répertoire un peu différent que constituent Koechlin, Satie, Honegger, somme toute moins connu du grand public, il arriverait à mettre un peu de relief. Oui, car si dans le grand répertoire classique, la difficulté peut être d’en faire une interprétation propre et originale, ici il faut cependant tout de même intéresser le public, avec de la musique qui relève explicitement du monde descriptif.

Malheureusement, tout ceci se révèle laborieux. Charles Koechlin reste un compositeur méconnu du grand public, et ce n’est pas avec cette version morne des Bandar-Log, « Scherzo des singes » extrait de son Livre de la Jungle, qu’il obtiendra de nouveau ses faveurs. Les effets et les jeux de cirque forain de la Parade de Satie sont heureusement mieux rendus. Du coup, l’écriture à l’aspect très rythmé et amusant, notamment avec l’utilisation de bruitages urbains comme une machine à écrire, un pistolet, de l’eau, une sirène… est mieux rendue, la musique fait son effet, l’interprétation est sans accroc…

De la même manière, l’interprétation des Mouvements symphoniques d’Honegger semble tout à fait propre, tantôt très sonore et massive, tantôt très précise et rythmée. Ici encore, Ilan Volkov semble décidé à ne rien montrer de précis, ni d’intéressant, de direction dans les phrasés, ou d’un peu de musicalité. On pourra prétexter que tout est écrit dans la musique, qui se veut réaliste, à l’image du fameux Pacific 231, qui ne se veut pas l’imitation des bruits de la locomotive, mais des impressions et des énergies que peut dégager l’engin.

Alors, dans Berlioz, Ilan Volkov, romantique et maître du phrasé ? Les Nuits d’été, ce chef d’œuvre de l’expression, du raffinement de la mélodie française… semblent sans surprise tout aussi plat que le reste. Le chef se contente de battre à peu près la mesure – c’est certes bien fait. Il ne contient absolument pas les nuances de l’orchestre, et l’on peine à distinguer la belle voix de Nathalie Stutzmann qui pourtant s’efforce de nuancer et de proposer des couleurs (qu’est-ce que cela doit donner du fond de la salle ?). La pauvre n’est donc guère à son avantage, coincée comme elle est par ce chef qui n’en fait qu’à sa tête, et qui finalement ne se contente peut être que de suivre l’orchestre…

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- Lyon
- Auditorium
- 21 janvier 2012
- Charles Koechlin (1867-1950), Les Bandar-Log Op.176
- Hector Berlioz (1803-1863), Les Nuits d’été Op.7
- Erik Satie (1866-1925), Parade, ballet réaliste sur un thème de Jean Cocteau
- Arthur Honegger (1892-1955), Trois Mouvements Symphoniques
- Nathalie Stutzmann, contralto
- Orchestre National de Lyon
- Ilan Volkov, direction











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