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A Sea Symphony au festival Voix du Printemps de la Sorbonne

samedi 20 mars 2010 par Thomas Rigail
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©JC PRATT

En ouverture du festival Voix du Printemps qui se tiendra du 16 au 25 mars et qui sera consacré, comme son nom l’indique, à la musique vocale, l’orchestre et le chœur de Paris-Sorbonne donnaient la première symphonie d’un compositeur bien trop rare dans nos contrées, Ralph Vaughan-Williams.

Cette Sea symphony, fondée sur des poèmes de Walt Whitman (qui étaient lus ce soir avant les mouvements, ce rôle devant être tenu par Bernard Giraudeau mais qui étant souffrant fut remplacé par... on ne saura pas qui), n’est pas à proprement parler l’œuvre la plus subtile du compositeur anglais. Dotée d’une orchestration particulièrement dense, elle est une longue ode à la mer pompeuse voire bruyante, écrite dans un style hérité d’Elgar mais qui voit poindre régulièrement la personnalité de Vaughan-Williams. Face à une telle partition, aux commandes d’un orchestre en partie constituée d’amateurs, le chef Johan Farjot, profitant de la jeunesse de ses instrumentistes, fait le juste choix de l’engagement : tempos souvent rapides (troisième mouvement, fin du quatrième mouvement), quête de volumes sonores élevés et prise à bras le corps de cette partition à la monumentalité parfois un peu gratuite.

Dans la très mauvaise acoustique du grand amphithéâtre de la Sorbonne, cela a l’avantage de cacher les défauts instrumentaux, mais c’est évidemment le détail de l’orchestration qui en pâtit : de très nombreux détails sont inaudibles et les bois sont presque constamment relégués au rang de soutien harmonique vague au profit des cordes et du chœur qui dominent largement la palette sonore. Ce sont du reste les meilleurs éléments, en particulier le chœur, vigoureux à souhait tout en conservant une clarté suffisante et une bonne mise en place. Les cuivres, avec des timbres ternes et des trombones qui ont leurs ratés, oscillent entre sérieux couacs et travail plus qu’honnête (la fanfare introductive, le premier solo de cor à E, et de nombreux petits moments au long de la partition). Ils assurent une continuité correcte, mais ce qui emporte l’adhésion ici, en dépit des lacunes instrumentales, c’est l’enthousiasme un peu forcené de l’ensemble : c’est trop bruyant (le troisième mouvement en devient fatigant – ce mouvement peut être plus évocateur qu’une simple démonstration de volume), les moments les plus délicats de la partition sont parfois fragiles (par l’exemple, le début du deuxième mouvement), mais se glissent de beaux moments de construction dans la direction, parfois dans la force (les divers climax du premier mouvement) et parfois plus subtils, par exemple dans le quatrième mouvement, du début, après des voix de soprano d’une belle pureté, jusqu’à l’andante con moto, ou bien la conclusion du deuxième mouvement, entre P et la fin, avec des cordes qui se glissent avec suffisamment de finesse dans l’idiome de Ralph Vaughan Williams. L’autre bon élément est l’excellent baryton Alain Buet qui déploie un beau timbre parfaitement adapté à cette musique et une musicalité constante. La soprano Nathalie Manfrino est en-dessous, compensant une diction très moyenne et une voix un peu engorgée par des aigus bien tenus, mais leur duo du quatrième mouvement fonctionne. C’est du reste le mouvement le plus réussi, correctement équilibré et bien mené. Ce n’est pas parfait ni très profond, mais cela se tient.

On trouvera bien sûr des interprétations plus détaillées, qui savent sortir de la monumentalité de l’œuvre et lui découvrir une véritable finesse, mais étant donné la rareté du Vaughan Williams symphonique à Paris, cette interprétation reste d’une qualité tout à fait satisfaisante, ce qui rend d’autant plus dommage le choix d’une salle totalement inadaptée à une œuvre d’une telle envergure.

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- Paris
- Grand amphithéâtre de la Sorbonne
- 16 mars 2010
- Ralph Vaughan Williams (1872-1958), Symphonie n°1 “A sea symphony”
- Nathalie Manfrino, soprano
- Alain Buet, baryton
- Choeur et orchestre de Paris-Sorbonne
- Johan Farjot, direction






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