Une fois n’est pas coutume, c’est autant de théâtre que de musique qu’il est question dans ces colonnes. La comédie-ballet Monsieur de Pourceaugnac constitue un des témoignages d’une des plus célèbres collaborations artistiques renseignées par l’histoire, et dont Le Bourgeois Gentilhomme reste l’avatar à la fois le plus fameux et le plus accompli. S’il est heureux que cette association créatrice retrouve les grâces des salles, qui lui redonnent leur lustre musical d’antan, Monsieur de Pourceaugnac assure essentiellement un divertissement des plus agréables, ce que la production présentée par l’Opéra de Rennes a parfaitement compris, et justifie le succès mérité qu’elle rencontre auprès du public.

Certes, le titre est facile. Mais qu’aurait bien pu raconter Monsieur Croche de ce désastre proposé par la Cité de la Musique où, en lieu et place du Martyre de saint Sébastien de Claude Debussy annoncé, nous aurons Le martyre de Saint Sébastien, adapté de Gabriele D’Annunzio par Jean-Philippe Clarac et Olivier Delœuil, avec accompagnement musical de Claude Debussy ?

Rendez-vous parisien annuel, plus ou moins polémique selon les éditions, des curieux et des habitués de la création actuelle, le festival Présences consacrait son édition 2012 au compositeur Oscar Strasnoy.
Sur le papier, cette édition 2012 du festival Présences cumulait les tares. Plus précisément, il ressemblait à un nain unijambiste et tuberculeux dont le rêve serait de courir le 110 mètres haies aux Jeux olympiques d’hiver. Avancé à la mi-janvier, il tombait simultanément à la Biennale de quatuor à cordes de la Cité de la Musique, de gratuit il passait à payant sauf pour les moins de 28 ans et la brouette d’invités, ces gens éternellement jeunes – cette remarque en dédicace à cette grand-mère zyeutant les places réservées à la corbeille et lançant dans un grand élan de gauchisme « ah ça, où qu’on soit, il y a des privilégiés ! » –, et il était entièrement consacré à un compositeur prenant dans le grand ordre globalisé de la création mondiale une place de premier rang, mais de premier rang de la classe, chouchou de quelques institutions françaises et allemandes qui se pâment d’un amour tout administratif pour ce jeune et fringuant architecte d’œuvrettes pour bobos. De plus, l’absurde formule monographique, fondamentalement contraire à une création actuelle qui n’en finit plus de s’épuiser dans la multiplicité, atteignait ici ses plus extrêmes limites, les 14 concerts offerts au contribuable à ses frais ne proposant quasiment aucune autre œuvre d’un compositeur vivant et complétant des programmes courts par de « grandes » œuvres – Stravinsky, Bartok, Schönberg, Britten, autrement dit le répertoire habituel du Philhar’...

Ici même, nous rendions compte il y a un an d’une Fairy Queen mise en espace à la Cité de la Musique. Le pauvre Philip Pickett et ses valeureux musiciens et chanteurs du New London Consort peinaient à se faire entendre face au calamiteux fourbi d’un metteur en scène spécialiste de séances de « team building » en entreprise. La même année 2010, nous avions pu voir à l’Opéra Comique une Fairy Queen, mise vraiment en scène par Jonathan Kent, spectacle brillant que même la direction approximative de William Christie n’avait pas réussi à gâcher. Décidément, la Reine des Fées doit aimer venir faire ses emplettes à Paris puisqu’elle faisait halte Salle Pleyel, dans une version de concert, donc réduite à la seule musique des cinq masks. Maître d’œuvre : Hervé Niquet.

Un compositeur de la Belle Époque spécialisé dans le comique musical travaillant avec Courteline, un librettiste fréquentant Alphonse Allais et Alfred Jarry. Quand ils se rencontrent, qu’est-ce qu’ils se racontent ? Des histoires drôles, évidemment !
Comme tout projet d’envergure, la construction du Théâtre de l’Archipel à Perpignan a connu moult résistances. Son inauguration comble une déficience dans le maillage culturel du territoire français. Afin d’accompagner les ambitions du nouvel ensemble, le ministre de la culture, lui a apposé d’emblée le label « scène nationale ». Le spectacle d’ouverture, conçu par Daniel Tosi, se veut quant à lui une invitation à la pluridisciplinarité des lieux.
Belle idée qu’a eue le festival Agora de l’IRCAM de reprendre ce spectacle venant de Bruxelles, qui avait déjà été donné dans le cadre du festival de 2006.

Une fois n’est pas coutume : point de concert, de récital, d’oratorio, d’opéra, relaté ici, mais un spectacle qui nous guide au sein d’un texte trop méconnu de la langue française, sur un mode poétique et musical à la fois. Texte dont l’auteur a été complètement étouffé par la pièce d’Edmond Rostand qui, pourtant, n’a que peu à voir avec le vrai Cyrano.

Ecrit pour la Maîtrise de Radio France et accompagné par des musiciens de l’Orchestre Philharmonique de Radio France, Mille Orphelins, œuvre de théâtre musical – une nature qui apparaît objectivement dans le fait que si les enfants chantent, le rôle principal tenu par André Wilms reste parlé – de Roland Auzet, sur un texte de Laurent Gaudé, s’inscrit dans la lignée de ces œuvres métisses qui fleurissent en France et ailleurs, qui ne semblent pas vouloir choisir entre opéra et théâtre, tonalité et atonalité, écriture et improvisation, tâchant par là de donner vie à une musique en berne.
Nous parlions des projets « multimedia » du Festival Aujourd’hui musique : en voici un beau, moderne, très bien réalisé, tout à fait raté : dans ce Royaume d’en bas de Pierre Jodlowski, reprise d’un spectacle créé en mars 2010, à peu près rien ne fonctionne, sauf ce qui doit absolument fonctionner, la musique.







