
Pourquoi encore et toujours donner le Messie de Haendel ? Pour au moins trois bonnes raisons : d’une part, l’œuvre est et sera toujours une œuvre géniale ; d’autre part, le public l’aime et continue à être touché par sa beauté universelle ; enfin, cette partition à la fois simple et riche offrira toujours la possibilité de nouvelles propositions d’interprétation. C’est ce dernier point qu’a démontré avec brio Jean-Christophe Spinosi à la tête de l’Ensemble Matheus et du chœur de chambre les Eléments.

Après Nancy, qui avait proposé il y a trois ans un Messie de Haendel mis en images (par Claus Guth), l’Opéra de Lyon tente à son tour le pari d’un oratorio haendélien donné en version scénique, et importe une production de l’English National Opera signée par la prolifique Deborah Warner.

Fêté à juste titre à Ambronay, où il est en résidence avec son ensemble Cappella Mediterranea, Leonardo Garcia Alarcon rend visite à l’Opéra-Théâtre de Saint-Etienne pour y faire entendre à nouveau l’oratorio historico-baroque qui a créé l’évènement en ouverture du 33ème Festival bressan, Il Nabucco de Michelangelo Falvetti. Le chef argentin remet ainsi pour la seconde fois à l’honneur ce compositeur calabrais, injustement oublié, après avoir ressuscité avec un extraordinaire succès public et critique son Diluvio Universale, lors de l’édition 2010 de ce même Festival. Tiré du Livre de Daniel dans l’Ancien Testament, l’ouvrage met en scène le célèbre roi de Babylone Nabuchodonosor, cent cinquante ans avant Verdi.

Jan Pieterszoon Sweelinck a été trop longtemps réduit à n’être qu’un nom dans les dictionnaires de musique et à faire office de seul compositeur hollandais de quelque talent. Sa musique nous était peu connue, hormis par quelques rares disques désormais historiques, comme celui que Gustav Leonhardt consacra à des pièces pour orgue. Comme souvent, c’est un anniversaire, en l’occurrence le 450ème anniversaire de sa naissance en cette année 2012, qui a motivé quelques grands projets, dont un nommé « Monument » consacré à l’intégralité de l’œuvre vocale du compositeur amstellodamois. Dix sept disques publiés par le label Glossa et regroupés en trois coffrets, respectivement les pièces profanes, les Psaumes et les Cantiones Sacrae. Maître d’œuvre : le Gesualdo Consort, ensemble créé et dirigé par la basse Harry van der Kamp. C’est à une courte sélection de ce monument discographique que nous étions conviés en l’église des Billettes, avec l’ajout plus que notable de la participation du grand claveciniste Bob van Asperen.

Haut lieu du baroque depuis maintenant trente-deux ans, le festival d’Ambronay nous reçoit pour deux concerts hors de ses murs historiques de l’abbatiale. Mais nous ne saurions être déçu avec un concert de Patricia Petibon au monastère de Brou, comme avec l’exubérant Ippolito de Francisco Antonio de Almeida au Grand Temple de Lyon, résurrection dont le festival rhônalpin a désormais le secret.

Le nouveau programme de William Christie s’inscrit à l’évidence dans la continuité. Peu de surprise, certes ; mais que de plaisir ! Pourquoi changer une formule que tous aiment et qui possède un double mérite : continuer à exploiter l’immense répertoire des 500 pièces de Charpentier pour y trouver les pépites qui feront s’émerveiller l’auditeur et continuer à trouver de jeunes et belles voix pour faire vivre et vibrer ce magnifique répertoire ?
William Christie a ainsi construit un programme autour de trois œuvres peu connues du public mais magistrales : Cécile, vierge et martyre (H. 413), Motet pour les trépassés, « plainte des âmes du Purgatoire » (H. 311) et L’Enfant prodigue (H. 399).
Grand-messe des berlioziens, le festival de la Côte Saint-André - placé cette année sous le signe de l’Italie - est l’un des plus anciens du pays puisqu’il a vu le jour dès 1870, un an seulement après la mort du divin compositeur. Deux de ses chef-d’œuvre refermaient la cuvée 2012 : Roméo et Juliette le samedi et son Requiem le dimanche.

En ce début de saison, dans le cadre des concerts Les Grandes Voix Céleste Productions, la venue de deux stars de l’opéra italien était un moment très attendu par bon nombre d’amateurs lyriques. Il faut dire que Patrizia Ciofi et Leo Nucci se font rares depuis quelques années à Paris et que le programme illustre les plus grands rôles des deux chanteurs : Lucia di Lammermoor, Rigoletto et La Traviata. L’affiche avait de quoi faire rêver et le public est venu nombreux pour fêter les deux chanteurs par de nombreuses ovations et un triomphe complet.
Les concerts du 24 août au soir nous ramenaient en l’épicentre du festival, l’église d’Arques-la-Bataille. L’ensemble Daedalus de Roberto Festa, trop peu invité en France, nous invitait à savourer ce que l’humeur mélancolique a pu générer sur le plan musical au dix-septième siècle. Nous ne nous aventurerons pas à essayer de résumer le contenu de la très intéressante conférence donnée sur le sujet du Lamento par Roberto Festa quelques heures auparavant. Mais au moins est-il bon de noter que, sous l’impulsion du mouvement humaniste de la Renaissance, cet état de l’âme, lié à l’un des quatre tempéraments, donna lieu au développement du Lamento, genre particulier de musique (vocale, mais pas que) qui, tout au long du dix-septième siècle, occupa le devant de la scène. Au sens propre puisque les premières manifestations du genre se retrouvèrent incluses dans les opéras (le lamento d’Ariane), mais, petit à petit, au sein d’oratorios, de cantates, puis dans des pièces parfaitement indépendantes.
Deuxième concert du Festival de Radio-France autour de l’exposition du musée Fabre consacrée aux caravagismes méridionaux, le programme du Concerto Soave met à l’honneur l’adret italien, et la figure emblématique de Claudio Monteverdi, sur une séquence thématique, guerre, amour et ballet, dans un entrecroisement métaphorique tout à fait idiomatique de l’âge baroque. Un tel condensé de l’art madrigalesque s’offre par là-même comme une traduction musicale à l’expressivité du peintre lombard qui ne l’est pas moins.
fr
Musique vocale et chorale
?
|
OPML
?



