
Il est heureux, que pour commémorer le quadruple centenaire de la mort de Giovanni Gabrieli, Les Sacqueboutiers, A Sei Voci, Scandicus et le Chœur du Capitole se soient associés sous la direction de Jean-Pierre Canihac, pour faire revivre la splendeur des grandes cérémonies d’une Venise au comble de sa puissance et de ses fastes. La reconstitution de la musique du couronnement en 1595 du 89e doge, Marino Grimani, en est une illustration parfaite, permettant de démontrer que Gabrieli constitue un chaînon essentiel de l’évolution musicale du style Renaissance à la nouvelle expressivité baroque. Dès la fanfare introductive, improvisée sur une basse de Cesare Bendinelli, le ton est donné : l’ensemble des chanteurs et le reste des Sacqueboutiers entrent en procession à travers la nef de la cathédrale Saint-Étienne de Toulouse : la solennité et la beauté s’unissent pour un soir.
Monter le Voyage d’hiver de Franz Schubert est une aventure en soi ; vouloir le monter à plusieurs, avec mise en scène et petit ensemble de chambre tient peut-être de l’inconscience. Quoiqu’il en soit, c’est le pari un peu fou que ce sont fixés Yoshi Oïda et Takénori Némoto, épaulés par les instrumentistes de l’Ensemble Musica Nigella, pour un résultat contrasté, étrange et sujet à bien des débats.

Soirée vocale à l’Auditorium, avec deux œuvres pour orchestre, chœur et soliste(s), le genre de programme qui attire la foule, notamment le Requiem de Fauré – la salle est comble. La soirée fut plutôt réussie, mais non sans inquiétude au cours de la première partie.

Micropolis à Besançon est une salle sonorisée polyvalente, la plus grande de Franche-Comté. Lors du concert d’inauguration (Symphonie n°9 de Beethoven), les bisontins avaient été assez perplexes relativement à la qualité acoustique des lieux. Le système de sonorisation « Carmen » dans une salle sourde ne convenait pas aux concerts traditionnels. L’actualité classique n’allait visiblement pas se dérouler en ces lieux.
Faisant fi de ce mauvais départ, le nouveau chef de l’Orchestre Besançon Montbéliard Franche-Comté, Jean-François Verdier, a osé retourner avec ses musiciens dans cette salle rectangulaire toute en parterre et gradins, avec une sonorisation améliorée. Les quelques trois milles places étaient occupées.
Il nous l’avait promis en final d’une précédente manifestation : notre nouveau chef allait essayer de faire quelque chose à Micropolis, et que ça sonne bien. Un grand concert de début d’année, ouvertement populaire dans les meilleurs sens du terme, placé sous le signe de l’opéra.

La période des fêtes conduit-elle le mélomane à pouvoir accepter des choses qu’il recevrait plus difficilement à toute autre époque de l’année ? C’est la question que l’on pouvait légitimement se poser à l’issue du concert du 17 décembre donné en la grande salle de la Cité de la Musique. Le grand, l’immense Matthias Goerne était supposé donner trois cantates, deux signées Johannn Sebastian Bach, la troisième de son illustre contemporain, le très prolifique Christoph Graupner. Pour compléter ce programme, l’orchestre de chambre de Bâle (Kammerorchester Basel qui n’a rien à voir avec le prestigieux Basler Kammerorchester de Paul Sacher) devait interpréter une Suite de Telemann et le concerto pour hautbois, violon et cordes de Bach.

C’est par un pan méconnu de la production de Liszt que l’Opéra de Paris referme les commémorations qu’il a consacrées au bicentenaire de la naissance du compositeur hongrois. L’amphithéâtre se posait comme le format idéal pour recevoir un récital consacré à ses mélodies et lieder, révélant sa carrure européenne – à côté des idiomes consacrés par ce répertoire, le Français, et surtout l’Allemand à l’âge romantique, on trouve quelques pages en Italien. Pour cet exercice de polyglottisme musical, on a aménagé une tribune aux chanteurs de l’Atelier lyrique, faisant de ce concert davantage une promotion des talents de demain que la mise en avant de pages encore laissées dans l’ombre.
Sise au milieu de la Champagne et de chemins de pèlerinages, la Basilique Notre-Dame de l’Epine-en-Champagne accueille depuis douze ans un festival de musique ancienne qui se déroule sur plusieurs week-ends, entre les mois d’août et d’octobre. Elle est, entre autres, le lieu de résidence de l’Académie Sainte-Cécile, dirigée par Philippe Couvert, qui donne en cette fin de septembre une reconstitution de la Markus-Passion de Bach.
Pour le soir du deux centième anniversaire de la naissance de Liszt, les organisateurs de l’année Liszt en Hongrie ont souhaité faire jouer l’un des chefs-d’œuvre méconnus du compositeur, l’oratorio Christus, dans plusieurs villes du monde. A Paris, cela se passait à la cathédrale Saint-Louis des Invalides, et l’orchestre choisi pour l’occasion n’était pas un orchestre local mais l’Orchestre de la Radio hongroise, dirigé par Zoltán Peskó.
Lieu historiquement lié au festival Aujourd’hui musiques, le Conservatoire de Perpignan accueille en cette fin d’après-midi humide l’ensemble vocal Héliade, composée de douze femmes, dans un programme offrant un panorama de l’écriture chorale de la seconde moitié du vingtième siècle, face à un auditorium honorablement rempli, venu applaudir le travail d’Elène Golgevit et de ses comparses.

En dépit de la relative richesse de la vie musicale parisienne, il est peu de semaines qui nous apportent, dans des répertoires aussi différents, autant de bonheurs que celle qui débuta par ce nouveau triomphe du chœur gantois. Une Belle Meunière de rêve par Matthias Goerne à Pleyel, des Variations Goldberg frisant la perfection par Benjamin Alard à l’hôtel de Lauzun. Que demander de plus ? Mais reprenons les choses dans l’ordre chronologique avec le retour du Collegium Vocale Gent de Philippe Herreweghe en l’Oratoire du Louvre. En mars dernier, c’est à Josquin qu’un programme entier était consacré. En ce lundi, c’est à Lassus et au grand oublié des anniversaires de l’année 2011, Tomas Luis de Victoria, que le chœur belge rendait hommage.
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Musique vocale et chorale
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